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Un peu de génétique.

Il y a surement des fois ou certains termes vous échappent quand est abordé l'hybridation et la sélection des Hémérocalles. Sans entrer dans des détails scientifiques, il est intéressant de mettre en lumière quelques bases. Vous avez surement entendu parler des fameuses diploïdes VS tétraploïdes, à la question "c'est lesquelles les mieux?" je vais essayer de répondre car il ne faut pas se fier seulement à ces caractéristiques et devenir par la même occasion trop sectaire.

 Pour commencer, il faut dresser la carte génétique de nos belles d'un jour. L'Hémérocalle se trouve sous des formes plus que variées, cela est du au brassage des gènes contenus dans les Chromosomes. Cettre structure contien le fameux ADN. Chaque Chromosome est constitué de deux allèles qui se séparent lors d'une reproduction. Pour schématiser une partie va chez maman, l'autre chez papa....

C'est bon? Je n'ai encore perdu personne? Alors continuons, nos Hémérocalles ont 11 chromosomes distincts en général présent dans chaque cellule par paire.....je dis en général car il s'agit la des fameuse diploïdes. Pour les tétraploïdes ce nombre est doublé et il y a donc 4 paires de chaque Chromosome. Les triploïdes dont on ne parle pas souvent sont des plantes souvent difficile a hybrider voire stériles car entre les deux, elles contiennent 3 chromosomes de chaque type. Il arrive que certaines plantes enregistrée comme tétraploïde soit triploïde, ce qui expliquerai la difficulté de reporduction de certaine variétés. Encore rares sont les pentaploïdes et hexaploïdes qui contiennent 5 et 6 jeux de chromosomes respectivement. Le cultivar qui défraye la chronique en ce moment est 'Heavenly New Frontiers'(Gossard, James) 2016  ,  ce cultivar pentaploïde obtenu par James Gossard de Heavenly gardens est doté d'une très bonne fertilité même avec des ploïdies différentes. En image cela sera plus parlant. Des chercheurs sont allés jusqu'à nous prendre tout ça en photo.... quand je vous dis que les fous d'Hémérocalles sont prêts à tout!

 diplo

Morphologie génétique de 'White Temptation' une diploïde. *

 

triplo

Morphologie génétique de 'Strawberry Fields Forever' une enregistrée tétraploïde qui se révèle être une triploïde. *

 

tetra

Morphologie génétique de 'Diane Taylor' une tétraploïde. *

 

Nous voyons bien les 11 types de chromosomes, en double en triple ou en quadruple. A savoir que dans la nature les tétraploïdes n'existent pas. Les plantes tétraploïdes sont toutes issues de croisements avec des plantes diploïdes le plus souvent converties avec une substance issue de la colchique, la très toxique et mutagène colchicine voici un article américain sur le sujet en ligne ici. Maintenant que les ploïdies n'ont plus de secret pour vous, je vous sens prêt à aller plus loin et a découvrir pour quoi il est si intéressant de "jouer" a faire ressortir ce qui est invisible dans une fleur. On continue?

Vous avez surement des surprises dans vos semis... deux fleur avec des motifs donnent des fleurs unies... "c'est pas possible, j'ai du mélanger mais graines?". Eh bien si c'est possible, car il y a ce que l'on appelle la dominance d'une allèle sur l'autre. Comme à l'école, pour mieux comprendre nous allons faire un dessin avant de vous perdre dans l'immensité des possibilités génétiques.

chromo

Schéma de distribution des allèles du chromosome 3 lors de la fécondation. 

 

Voila la démonstration pour un chromosome. Imaginez pour une tétraploïde, 11 chromosomes et par 4! On peut donc imaginer le nombre de combinaisons possibles.... infinies. La forme dominante est l'allèle primordial, celui qui s'exprimera de façon visible. Il est assez fort pour "dissimuler" l'effet de l'allèle récessif. Bien qu' invisible, l'allèle récessif est toujours là. Nous exprimons les allèles dominants avec une lettre majuscule ( A ) et des allèles récessifs avec une lettre minuscule ( a ). Donc, dans le cas ci-dessus, les gènes pour contrôler la hauteur des plantes par exemple dans un hybride diploïde seraient écrits Aa (une lettre pour chaque allèle). Si l'allèle dominant ( A ) est grand, la plante serait grande, l'allèle récessif ( a ) est masqué masqué.
Une autre plante peut avoir les deux allèles dominants. Nous exprimerions alors la situation comme AA. Comme les deux allèles sont les mêmes allèles dominants pour les grands, la plante serait encore grande. Inversement, si les allèles d'un gène étaient tous deux récessifs, nous exprimerions la combinaison comme aa. Dans ce cas, il n'y a pas d'allèle dominant pour remplacer l'allèle récessif et la plante serait plus petite. La double combinaison d'allèles récessifs pour un gène est la découverte la plus importante et la plus négligée de la génétique des hémérocalles car elle va au delà du phénotype. J'en ai perdu combien en route? Bon pour faire simple, ce que l'on voit de l'extérieur n'est pas ce qu'il y a à l'intérieur (c'est pas une pub ça? .... ). Clairement si on étudie un temps soit peu les parents, grands-parents ou arrières grands-parents d'une plante, on peut tracer la présence d'une caractéristique induite par un gène récessif. Génial, on peut donc espérer faire des dormantes avec des persistantes!

pour aller plus loin je vous propose de découvrir cet article en 4 volets,en Anglais et extrait du Daylily Journal! Un peu de révisions! Anglais et sciences de la vie en quelques clics... elle est pas belle la vie! Il suffit de cliquer sur les miniatures en dessous pour ouvrir les articles en format PDF. 

partie1 partie3
partie2 partie4

 

En conclusion, il est impossible de catégoriser diploïdes et tétraploïdes en ce qui concerne les qualités des plantes et des fleurs. On s'aperçoit avec cette vision génétique que ce qui prime, c'est l'implication des obtenteurs dans la sélection des plantes, essayer de faire ressortir la quintessence du potentiel génétique d'une plante. De nos jours, certains obtenteurs ayant continué à hybrider avec des diploïdes, découvrent des résultats surprenants. Bordures, appliqués, patrons et textures épaisses ne sont plus réservés aux tétraploïdes. Il faut également ajouter que les cultivars les plus en vue du moment sont directement issus de croisements avec des conversions. Par exemple 'Terry Lyninger', 'Texas Kaleidoscope', 'Time Stopper' et bien évidement 'Rose F. Kennedy', on donnés un autre paradigme au monde de l'Hémérocalle.

 

 

 

 * Photos des chromosomes tirés de l'étude de: C Zhang, D Cao, L Kang, J Duan, X Ma, G Yan & Y Wang (2014) Ploidy variation and karyotype analysis in Hemerocallis spp. (Xanthorrhoeaceae) and implications on daylily breeding, New Zealand Journal of Crop and Horticultural Science, 42:3, 183-193, DOI: 10.1080/01140671.2013.877040

 

 

 

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